Je suis l'arbre qui cache la forêt
- lisebillon888
- 19 avr. 2025
- 5 min de lecture
Étrange. Profond. Ancien et contemporain. Universel. Connecté. RICHE !

"Forcément, il y a des bonnes âmes pour la traiter de sorcière. Trick et Tin, les petits frères jumeaux de cinq ans, parlent
entre eux dans une langue bizarre. C’est de la cryptophasie, et il paraît que c’est courant.
Élisabeth, dite Éli, elle, s’évade parfois dans la forêt de cette vie trop originale et pas toujours facile, en rêvant à Marcellin Loiret. Elle se demande pourquoi les autres ne peuvent pas les aimer comme ils sont : «Dans le monde, il faut bien des sorcières et des petits jumeaux et une adolescente amoureuse de son professeur de mathématiques. Pourquoi pas ?"
Seulement un extrait du résumé :
car en entier il en révèle trop, et ne reflète pas l'histoire.
Ce livre fait partie de mes lectures de MARS 2025.
En bas de cette page se trouve ma fiche synthétique de présentation
(présente aussi sur mon instagram : lisepointlise)
Ma note 4/5

Pourquoi ai-je lu ce livre ?
Je l'ai vu dans la boîte à dons de la grande bibliothèque, il m'a semblé ancien, étrange. J'ai lu le résumé (que je ne vous conseille pas du tout), ça parlait d'une fille qui ne peut plus marcher, mais aussi de symbolique, d'intuition, de "sorcières"...
Quelques jours plus tard j'avais un rendez-vous, pour voir l'état des nerfs d'une de mes jambes, comprendre pourquoi elle marche mal, pourquoi je la sens moins.
Alors, ce livre, sorti de nulle part, avec cet arbre chelou, qui parle de jambes qui ne marchent plus, ben il m'a semblé être là pour moi !
Pourquoi ne pas lire le résumé ?
"Elle (la mère) répare le four cassé à coup de pompe à vélo. Elle prétends qu'il s'agit d'être aussi inventive que la panne".
Cette phrase, présente au début du résumé, revient également à la fin :
"C'est à son tour (à la fille), à présent, de devoir se montrer aussi inventive que la panne."
Le souci avec cette histoire de four réparé à la pompe à la vélo, c'est qu'elle ne se trouve que dans les 3 dernières pages du livre, et c'est vraiment anecdotique (2 lignes).
Et, dans l'ensemble, ça ne parle jamais de réparer les pannes. La mère ne semble pas très bricoleuse, elle coud, elle est créative, sans plus.
Mais surtout, Eli (la jeune fille), ne cherche pas à se montrer inventive.
Il n'est pas du tout question de cela dans l'histoire !
Pire encore, le résumé révèle ce que Éli va vivre physiquement, et laisse croire que l'intrigue repose là-dessus, alors que pas du tout ! Cet événement arrive dans le dernier tiers du livre. Ce résumé créer une attente, une sorte d'impatience : on sent qu'il va se passer quelque chose d'important, mais cette chose n'arrive pas.
Alors, le temps semble long...
Un autre résumé (voire une absence de résumé)
aurait rendu ce livre plus agréable à lire...
Le public cible
Le style d'écriture, la taille de la police et la façon dont est racontée l'histoire, donnent l'impression que ce livre est destiné à un jeune public.
Il est pourtant indiqué : 13 ans et +, ce qui correspond bien à mon ressenti.
En fait j'étais troublée au cours de la lecture : à la fois la forme est enfantine, et en même temps le fond parle d'énergies féminines, il peut concerner les femmes adultes qui sont encore un peu des enfants, qui n'ont pas pleinement quitté l'adolescence, où n'ont pas eu l'opportunité de traverser ce passage.
Finalement il y a une cohérence : le propos concerne l'adolescence,
où l'enfant n'est plus un enfant, mais pas encore un adulte pour autant.
L'ambiance : étrange et intemporelle
Je ne sais pas trop comment l'expliquer, j'avais l'impression de lire un livre d'un autre temps. En fait, au début les marqueurs temporels sont absents, on ne sait pas où on est...
(Du coup, j'étais franchement surprise quand j'ai lu le mot "euro" !)
Ce livre donne une impression poussiéreuse,
Peut-être aussi que ça vient de sa forme, de sa présentation, de cette photo posée en couverture, des gros caractères, et des prénoms cités dans le résumé : George (la mère), Trick et Tin (les jumeaux), Éli (la fille - diminutif d'Elisabeth) et enfin Marcellin Loiret (le prof de maths).
Elisabeth a 16 ans, elle est mature sur certains aspects, mais il y a un tel décalage avec les ados de 16 ans (réels, ou représentés dans les séries et films), que s'en est troublant. Aussi, il n'y a ni internet, ni réseaux sociaux. Du moins ces sujets ne sont pas abordés.
Eli n'a pas d'amis (au début), ni de loisirs, à part aller dans la forêt derrière la maison.
Tous ces éléments contribuent à renforcer cette impression d'ancienne époque.
Mais ça évolue...
Le rythme du livre : de la graine à l'arbre
Éli se déploie au fur et à mesure de l'histoire ! C'est comme regarder une graine germer, et grandir, jusqu'à devenir une petite plante.
Elle ne vivait pas sa vie.
Tout en flottant, vaporeuse,
elle s'occupait de ce qui devait être fait, elle était responsable, multi fonctions, efficace, mais ailleurs. Pas ancrée dans sa vie.
Puis, quelque chose change en elle : on sent un ras le bol silencieux qui monte.
Elle (im)pose des limites, et des changements légers se produisent : des choses nouvelles qui s'invitent telles des papillons, se posent en silence...
Et tout éclate, calmement, presque sans mouvement : un arrêt qui coupe tout.
Et là, tout devient différent.
La vie reprendra, mais autrement, Eli devient réelle, présente, à sa juste place.
Son environnement évolue, elle semble plus ancrée, plus physique, les autres personnages sont présents, mais pas étouffants.
Elle existe, elle prends sa place,
et sa vie commence.
A ce moment-là, on a l'impression d'arriver un peu plus dans les années 2000. La narration m'a moins dérangée. C'est comme si Elisabeth sortait de la poussière (d'ailleurs le ménage est fait de + en + souvent et profondément dans leur maison), émergeait de la terre.
Enracinée. VIVANTE !
A la fin le livre ne sent plus la poussière, mais l'humus : la Vie.
Conclusion
En parlant du rythme, de l'évolution d'Élisabeth, et de la métaphore de la graine qui germe, j'ai l'impression d'avoir tout dit.
Cependant j'ajoute quelques reproches de fin (motivés par l'amour) :
Ce livre est beau, il mérite un résumé qui donne envie, qui ne révèle pas "l'évènement", qui dévoile la profondeur, et qui met davantage en avant les métaphores.
Ce livre est beau, il mérite une couverture qui attire, qui se montre, qui s'assume, tout en gardant la discrétion et l'humilité présents dans le récit.
Ce livre est beau, il mérite une autre catégorie que "jeunesse", il mérite de se trouver dans les rayons ado, dans un agréable format de poche, avec une écriture de taille plus classique (là c'est en trop gros caractères).
Ce livre est beau : il mérite d'être vu, d'être lu.
LIVRE !
Déploie toi tel Elisabeth !
Offre-toi un ravalement de façade & du peps !
Tu mérite la lumière !
Montre toi, invite-toi chez les gens,
tout en gardant ton sacré et ton humilité.

Lise,
Qui aime les arbres,
et qui parle aux livres !
Ma super fiche de lecture synthétique, trouvable sur Instagram, y'en a une pour tous les livres que j'ai lus depuis Janvier 2025, même ceux qui ne sont pas sur ce blog ;)






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