La fille qui pouvait voler
- lisebillon888
- 13 juin 2025
- 6 min de lecture
Un livre avec une héroïne merveilleuse, un livre qui ressemble à une copie de Anne Des Pignons Verts version fantastique, un livre qui aurait pu être génial, mais qui devient un mix entre un mauvais dessin animé de TF1 & les X-men. Pourquoi ??!

"La jeune et jolie Maliki, charmante fille à tendance manga aux oreilles pointues, nous raconte sa vie en la dessinant dans des strips chargés d'humour du quotidien, parfois noir, souvent hilarant.
Ce livre est un recueil d'anecdotes et de tranches de vie. On y aborde la cohabitation épique humains-chats, l'animal le plus tyrannique de la planète. On parle de l'enfance, partagée entre rêveries sucrées et trauma profonds. Et plus généralement, on constate l'incroyable ironie de la réalité, qui est toujours bien plus extraordinaire que n'importe quelle fiction."
(Résumé)
Ce livre fait partie de mes lectures de MAI 2025.
En bas de cette page se trouve ma fiche synthétique de présentation
(présente aussi sur mon instagram : lisepointlise)
Ma note 3,5/5

Pourquoi ai-je lu ce livre ?
Pourquoi pas ?
Je sélectionnais de nouveaux livres, et j'avais envie de douceur : ras-le-bol des jeunes de tout juste 16 ans qui se confrontent à tant de violence et doivent sauver le monde !
La couverture et le titre m'ont donné envie de prendre ce livre.
Un vrai beau livre jeunesse, ou pas...
Au début de la lecture j'ai adoré ! J'ai noté plusieurs phrases belles et inspirantes, je me disais que j'avais trouvé là un vrai beau livre jeunesse, à conseiller aux enfants, agréable à lire à tout âge. J'étais comme Piper : ravie, le cœur en fête, je m'élevais !
Le style était clairement jeunesse à fond, mais que c'était bon de trouver un livre doux comme ça pour les enfants, et qui a également de la profondeur.
J'étais aussi naïve que Piper, car on est dans un monde affreux, et je l'avais oublié ça.
"Il existe un endroit, tapi au plus profond de chacun, qu'il est difficile de trouver. Quand tout va mal et que la vie devient trop difficile, certains s'y réfugient et n'en reviennent jamais. (…) De l'extérieur il paraîtront inchangés. Il se peut même qu'ils agissent plus ou moins comme leur ancien moi, en vérité, ils se cachent dans ce lieu profondément enfoui où nul ne peut plus ni les toucher ni les blesser."
La douceur (et la copie) de Anne de Green Gables...
Je me sentais dans l'ambiance des livres de Anne de Green Gables : la nature, la grange, les parents qui ne s'attendent pas à accueillir cette enfant, le père très réservé et silencieux, la mère très « comme il faut » et bonne chrétienne, la voisine très commère. Piper également semblait être une copie de Anne, avec son imagination débordante, ses questionnements étonnants, sa vision de la vie, sa connexion avec les animaux, son décalage avec l'environnement, ainsi que sa grande envie d'aller vers les autres de se faire des amis. Puis arrive le pique nique où elle a finalement l'autorisation d'aller, à condition d'être « normale ».
Ça faisait quand même vraiment beaucoup beaucoup beaucoup de coïncidences... et je commençais à me poser des questions. Appréciant ce style et cette douceur, je me laissais quand même agréablement porter. Ensuite, il y a eu le changement d'ambiance, et les trucs relous sont arrivés...
Adieu Anne de Green Gables, bienvenue dans une tout autre ambiance...
Avec son lot de « oh non » :
→ Personnages superficiels / clichés
Hélicoptère, hommes en costumes sortant des vans noirs, Agent Agent grand costaud, femme en tailleur strict avec un sourire faux qui embobine tout le monde... J'arrive donc dans un dessin animé de TF1 ! Mais bon je me dis que ça peut être intéressant, qui sait ?
→ Subtilité qui s'envole
On comprend vite que la directrice est fausse, et que tout ne sera pas aussi merveilleux... C'est subtile, et on se doute qu'à un moment Piper va ouvrir les yeux. Sauf que, la subtilité s'envole et c'est le moment où tout s'effondre pour les lecteurs sensibles (grosse pensée pour les enfants à qui ce livre est destiné...).
→ Tout d'abord les enfants
Des enfants méchants, cruels, et clairement comme ils sont secondaires on ne s’embarrasse pas de leur construire une vraie personnalité : ils sont purement décoratifs, chacun avec son talent, tantôt méchants, tantôt gentils, selon l'ambiance générale, ils suivent le moov ! Il y a un chapitre où ce n'est que de la haine, de la violence, et des actes odieux de la part d'un enfant de 11 ans qui veut tuer l'adorable Piper, la torturer, la faire souffrir... Voilà. Cadeau.
Franchement ça ne va pas du tout. Ce chapitre il sert à quoi ? Ça me met en colère. Pourquoi faire un tel étalage de violence et de cruauté ? Un enfant de 6 ans se dit « chouette youpi il y a un personnage cruel, mhmmh c'est tout ce que j'aime ça : me taper un bon gros stress en me demandant si la petite fille pleine d'amour va survivre ! »
A la fin il y a un acte vraiment odieux (on apprend plus tard que c'était du bluff). Ça aurait suffit. Piper aurait pu (et nous aussi) être informée plus tôt du bluff, mais bon...
→ Autres adultes
Superficiels : ce sont les méchants de dessins animés. Creux, moches, méchants, sans réflexion. Est-ce nécessaire ? L'horreur n'était pas assez présente ?...
Et après ?
Il y a de l'action, mais j'en avais marre, je n'accrochais pas, je voulais en finir de ce livre. J'étais tellement déçue, et blasée, car l'idée est bonne, mais voilà qu'elle est recouverte de n'importe quoi, et c'est pénible. J'étais triste. Piper rayonne la vie, l'enthousiasme, et elle s'en prends de partout, elle est broyée. J'étais comme elle. Je m’éteignais à mesure de la lecture.
Et quand un truc affreux arrive (échec d'une mission), il y en a un autre (conséquence sur ses amis), et sur elle (torture), puis un élan d'espoir (Sebastian), broyé (écrasé), un autre élan d'espoir (V.), disparu (qui repart), et ainsi de suite.
Ben bravo Mme Victoria Forester, c'était quoi le message que vous vouliez faire passer en écrivant ce livre ? La petite fille qui pouvait voler, mais qui vit dans un monde de brutes ignobles. Arrêtez donc de rêver les enfants ! Bandes de nases, la vie est affreuse.
"Oui, on y a réfléchi. On est fatigués de se cacher et on n'a pas envie de fuir. Donc on ne va pas s'évader. On a rester ici et c'est vous qui allez partir."

Je me sens du côté des enfants, et cette phrase de Piper elle résonne fort.
Y'en a marre à la fin, ras-le-bol de se contenter de livres comme ça, de se faire mettre dans la case "trop sensibles", de se taper des Walt Disney où l'histoire commence toujours par la mort d'au moins un parent. Et les hôtels sans enfants, les lieux publics qui leur ferme la porte de plus en plus... Ça suffit. On est fatigués de se cacher, de se contenir, de se formater, alors nous (les enfants, et les adultes au coeur encore entier) on va se réunir, habiter pleinement la terre, se raconter de jolies histoires et créer un joli monde.
On va rester ici et c'est vous qui allez partir.
Et la fin ?
A la fin tout fini bien, dans un happy end hyper grossier et incohérent, mais c'est un livre pour enfant alors on s'en fiche, il faut bien les faire rêver (en les prenant pour des idiots). Super, merci, au revoir.
Sans oublier de laisser une ouverture qui sous entends encore des difficultés à affronter dans les tomes suivants...
Ben oui.
Conclusion
Ce sera sans moi pour la suite.
Je me suis encore faite avoir !
Je ne me considère pas comme naïve ou utopiste, je vis simplement dans un monde qui pourrait être bien meilleur si chacun (ou au moins un bon quart) y mettait du sien.
L'art est un moyen de véhiculer des messages. Certes, Piper est dans cette démarche, mais le livre montre clairement que c'est un rêve d'enfant, irréaliste. C'est faux.
Allez donc lire les livres des Editions Pour Penser, et soutenez les auteurs qui oeuvrent depuis leur cœur, pour le bon de l'humanité. Partagez les aussi, si vous avez des noms ça m'intéresse ! Je veux les connaître et diffuser leurs œuvres. Il est grand temps.
"Je croyais m'être trompée. Je croyais que je ne pouvais pas faire confiance à mon cœur, mais en fait si, je peux. Il n'ya rien qui cloche là-dedans."
En effet Piper. Un jour je t'écrirai un livre, digne de toi,
d'une petite fille qui vole, librement, et inspire les autres à s'élever également.
Je vais te sortir de cet infâme ouvrage.
Pour toi, et tous les autres.
Merci d'exister Piper.

Lise,
Pour un monde meilleur, aimant,
tout simplement
(et bon pour les enfants)
Ma super fiche de lecture synthétique, trouvable sur Instagram, y'en a une pour tous les livres que j'ai lus depuis Janvier 2025, même ceux qui ne sont pas sur ce blog ;)





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