Il y a longtemps que je t'aime
- lisebillon888
- 12 mai 2025
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 mai 2025
Curieux, gênant par moments, agaçant également, poétique à sa façon, expérimental. Mais surtout, je ne partage pas cette vision de l'amour. Pas du tout !

"Dire à quelqu'un qu'on l'aime,
ce n'est pas seulement dire ce que l'on ressent à un moment précis.
Quand on dit "je t'aime", on donne une promesse.
On dit "je t'aime jusqu'à ce que je t'informe que je ne t'aime plus"
(Seuls infos présentent sur le 4ème de couverture, qui n'est tellement éclairante... !)
Ce livre fait partie de mes lectures de FÉVRIER 2025.
En bas de cette page se trouve ma fiche synthétique de présentation
(présente aussi sur mon instagram : lisepointlise)
Ma note : 1/5
(c'est généreux quand même)

Autres mots clés : naufrage, femme mûre, +18 ans, oppression, ambigüité, gênant, malaise, sexe, mensonge, infidélité, histoire de vie
Pourquoi ai-je lu ce livre ?
Par hasard.
La couverture m'a intriguée (pas attirée, juste intriguée), je l'ai trouvée étrange.
Le résumé était curieux, je n'étais pas en accord avec l'idée que "dire je t'aime est une promesse", du coup ça partait mal... Mais j'avais envie de découvrir l'idée partagée par cette BD.
En bref, rien ne m'a donné envie de lire ce roman graphique,
à part la curiosité de découvrir quelque chose qui ne m'attire pas.
Mouais, va falloir que j'en parle à ma psy...
Comment s'est passée la lecture ?
J'étais interrogative
J'avançais, je ne comprenais pas trop, les couleurs manquaient de douceur à mon goût : c'était brut, agressif, troublant, et un peu trop souvent phallique. Au tout début, je me suis demandée si il ne fallait pas prendre de la drogue pour lire ce livre, car je n'arrivais pas à le décoder...
J'ai poursuivi quand même, en tentant de m'adapter à ça, puis j'ai sauté plein de pages pour aller à la fin, et là j'ai mieux compris ! Mais surtout, j'ai eu la sensation d'une bouffée d'air, de sortir enfin de quelque chose de confus et étouffant. Puis, j'ai remonté le fil pour saisir l'ensemble... Ça avait du sens. Mais il y a beaucoup de choses gênantes...
Et surtout ce sentiment de malaise, d'oppression...
Une expérience que je ne vous recommande pas vraiment.
Le rapport à la sexualité, au désir -> CRU !
Il est possible d'évoquer le désir, la sexualité, de façon douce, délicate, subtile. Dans ce livre, ce n'était pas l'idée. Pas du tout. Et ça commence dès la première page...
Tu ne t'y attends pas du tout : et BAM !
Une vieille à poils qui se pose des cailloux noirs sur le corps
(style massage aux pierres chaudes)
Et encore, ça pourrait être délicat, mais non, c'est brut avec plein d'allusions...
Vignette 1 : la façon dont elle tient le cailloux

Vignette 2 : la zone du corps où elle le pose n'est pas très claire : on ne voit que de la chair et sa main qui pose (ou entre ?) le cailloux sur/en elle
Vignette 3 : elle est au centre d'un contraste entre le noir dessous et le blanc au dessus, comme si elle hésitait sur la voie à prendre. D'ailleurs je dis "elle" mais c'est ambigüe.
Vignette 4 : les petites gouttes qui font spash sur le sein nu, ça peut évoquer un certain type de gouttes...
Vignette 5 : elle devient intégralement blanche (sans la moindre couleur) avec le regard vide, dans quelque chose de rose comme de la chair géante dans laquelle elle serait blottie.
Vignette 6 : le sol noir sous elle, tout est blanc au dessus, elle a reprit ses couleurs (ses cheveux sont devenus blancs / roses), et les gouttes lui tombent dessus.
J'ai eu une spécialité arts plastiques au BAC, j'ai appris à analyser des œuvres, et dans cette première page je vois plein de références sexuelles. Le reste de l'ouvrage va dans ce sens... Et ce n'est pas dissimulé !
Continuons.

Je vais passer pour une prude, ou une obsédée, mais je vois des bites partout ! (dans le livre, pas dans la vie...). Je liste, afin de vous prouver qu'il y a une quantité de suggestions : la forme des arbres (avec de grosses boules qui tombent à côté du tronc), la forme du canoë (couleur chair), un espèce d'asticot géant rosé (??), un homme en slip qui boit en s'enfonçant un truc phallique dans la bouche (plein d'éclats / tâches blanches autour...), des poissons-bites, etc etc...
Et quand on essuie une larme, on commence par où ?
Par l'intérieur de la cuisse bien évidemment !!!

Il y a également des scènes crues de sexe, qui pourraient être amenées de façon poétique, mais non. Je ne mettrai pas d'images supplémentaires, ces scènes sont trop gênantes.
Les couleurs, l'ambiance, la vie ici
Les couleurs vives (et fades à la fois) sont totalement raccords avec l'ambiance gênante.

Ça renforce cette sensation.
Ça agresse.
L'île où la femme est perdue semble réelle, mais aussi imaginaire par plein d'aspects, ce qui m'a amenée à penser qu'elle était dans le coma et rêvait tout ça (je ne vous dirais pas si j'ai vu juste, lisez la BD hahahah !!)
Etre naufragé sur une île déserte ça semble vraiment relax comme aventure...
Annie cherche juste à construire sa cabane, elle se fait des outils, elle se fabrique une cuve pour se préparer de l'alcool (primordial ?!), dis donc, ça donne presque envie de rester vivre ici...
D'ailleurs, l'autre type qui vit sa meilleure vie : en slip et à se baigner.
Pour se nourrir ? Quelques fruits. Quand il pleut ? Une méga grosse branche. Pour boire ? Il ramasse un truc violet qui ressemble à une peau de banane, il s'allonge et l'enfonce dans sa bouche.

Mais l'histoire ? L'histoire d'amour ?
Annie semble très âgée, et le jeune homme très jeune, sur certaines images il a l'air d'un ENFANT. Ça aussi, c'est gênant. Et illégal au passage...
Ce n'est pas une histoire d'amour.
C'est l'histoire d'une femme qui se sent plus vieille qu'elle ne l'est, qui ne se sent plus désirée depuis longtemps, qui rêve d'aventure, de se rencontrer, de s'épanouir, de se réveiller de la vie qu'elle mène.
Perdue ici, elle prend du recul sur sa vie, et réalise qu'elle était déjà, d'une certaine façon, naufragée. Seule, même si elle avait une maison, une sécurité, et qu'elle vivait avec son mari. Ici, elle découvre son corps, et le désir se réveille, se révèle.
Elle se rencontre et explore ses capacités (construire des outils, une cabane), très vite elle troque ses collants pour un pantalon, et ses cheveux longs pour une coupe courte, comme si cela la libérait de l'entrave de l'étiquette "femme de son mari".
Elle devient libre de commencer autre chose. Elle ne peut s'appuyer que sur elle-même.
En soi, c'est beau.
Mais la forme est moche.
Le désir oui. Le sexe cru avec un jeune homme (presque enfant) non.
Lui, qui est-il ?
Un homme qui commence à s'enfermer dans un rôle, qui ici devient un petit garçon, vit quasi nu, se baigne, bronze, mange des fruits, ne parle pas, joue, observe, et revient dans ses instincts de base. A un moment je me demandais si il n'allait pas prendre la vieille pour sa mère et se mettre à téter !... De toute évidence, ce jeune homme à des choses à régler...
Là aussi c'est beau (d'une certaine façon), car il y a une double lecture dans cette BD, et j'adore les doubles lectures ! Mais les personnages ne me touchent pas.
Aussi, on frôle le malsain, l'illégal.
Y a t'il réellement une intention de double lecture, ou est-ce quelque chose d'assez sale qui est exprimé ici, de façon brut (une vieille qui est échouée, paumée dans sa vie, et qui se tape un enfant de l'île ?). L'art sert parfois de poubelle aux bas instincts et aux déviances (voir procès en cours par rapport au type qui a écrit une BD pédo pornographique). Bien évidemment, ceci n'est pas ma vision de l'art.
Ici, je ne sais pas ce qu'il en est...
Et l'amour ?
Je suis en total désaccord, et incompréhension, de ce qu'ils nomment amour.
Aimer ce n'est pas une promesse d'engagement.
Dire "je t'aime" c'est ressentir quelque chose comme "j'aime celle/celui que tu es, auprès de toi je me vois et je m'aime, j'aime cet instant, j'aime ce qui émane de toi, j'aime le fait que tu existes, j'aime que tu fasses partie de ma vie, tu es libre"
Il n'y a ni promesse, ni possession.
On n'appartient pas à l'autre, et réciproquement.
Lors d'une relation il y a de la clarté, de la transparence. Tout en préservant son espace, son intimité, car on s'appartient à soi avant tout.
Ici, c'est le flou.
Le désir passe par-dessus l'engagement auprès d'un partenaire.
Au fur et à mesure de l'histoire on constate que ce partenaire n'est pas aimé, il s'agit d'attachement émotionnel, ou même d'une simple habitude.
Le truc bien relou
On suit Annie et ses pensées tout au long de l'histoire. Elle rumine. Elle pense à son mari. Elle se questionne sur les fois où ils faisaient l'amour, sur les discussions qu'ils avaient, sur son quotidien d'avant, celui de maintenant, etc... et clairement... on a envie d'être partout, SAUF coincé ici, avec elle, parce que c'est CHIANT d'être dans sa tête !
Voilà, c'est dit.
Le truc chelou
Le jeune homme suggère de s'infliger de la douleur afin de ne pas penser. Annie va faire pareil. Avec les cailloux noirs : "de petites brûlures douces auxquelles on est obligé de penser".
Annie !!!
Pratique la méditation, la pleine conscience, mets ton attention sur ton souffle,
fais quelque chose de safe quand même !! Annnniiiiiiie !!!
N'entre pas dans ce mauvais délire !
Trop tard.
La fin - Conclusion
Je n'ai pas compris la toute dernière image.
Donc la fin de ce roman graphique restera un mystère...
Comme l'ensemble finalement.
Est-ce à double lecture ?
Est-ce purement malsain ?
Est-ce que ça dénonce l'adultère, l'automutilation,...
Est-ce que ça l'encourage ?
Conclusion (et note à moi-même) : quand ça te semble vraiment chelou : FUIS !!!
Range ta curiosité et ton goût de l'aventure, change de chemin !!
C'est une expérience que je ne suis pas prête d'oublier, espérons qu'elle me serve de leçon...
Lise,
Qui se demande pourquoi ?!
Et qui espère retenir la leçon !
Ma super fiche de lecture synthétique, trouvable sur Instagram, y'en a une pour tous les livres que j'ai lus depuis Janvier 2025, même ceux qui ne sont pas sur ce blog ;)





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